HANDICAP : REGARDS…

4 05 2009

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Regards sur le handicap…  Aujourd’hui la médecine bénéficie de plus en plus d’interactions fortes avec les avancées technologiques. Le corps de l’homme est devenu  » transparent  » en même temps qu’objet de souffrance et de savoir offert aux appareils et méthodes de l’imagerie nucléaire, scanners, caméras à positions. La génétique le déchiffre. L’homme peut être changé par l’homme. Redoutable défi ! Même si des échecs demeurent en matière de réparation.

REGARDS ACTUELS. Plus encore que les performances de la réparation, c’est le lent et puissant mouvement d’opinion, né de l’action des pionniers (y compris des militants handicapés), des familles, des associations, des créateurs de centres ou institutions, qui entraîne une évolution des regards sur le handicap. Ces fondateurs issus de toutes origines et philosophies, laïcs ou croyants, Léonie Chaptal, Suzanne Fouché, Edward Roberts, Chloé Owings, Anna Hamilton, Suzanne Masson et bien d’autres encore, ont contribué à faire  » jaillir le droit  » : loi Cordonnier du 2 août 1949 (sur les grands infirmes et aveugles), rapport de François Bloch-Lainé (1970), loi du 30 juin 1975, défendue par René Lenoir, portant le titre de loi d’orientation en faveur des personnes handicapées. Récemment (le 2 janvier 2002) vient d’être publiée la loi n° 2002-2 rénovant l’action sociale et médico-sociale. Cette loi assure à toute personne prise en charge par les établissements et services sociaux et médico-légaux le respect de son intégrité, de sa vie privée, de son intimité, de sa sécurité, de sa dignité. Cette dignité est doublement cruciale : d’une part la dignité de l’autre, de tout autre, commande un nouveau regard, quels que soient le handicap résultant d’une infirmité et les limites physiques ou intellectuelles. D’autre part, sur le plan juridique : toute atteinte à la dignité relève du Code pénal. À cette exigence de dignité, l’école, quant à elle, apporte une réponse pratique, expérimentale, vivante. Ainsi, en 1989, nous recevions au Cnam de Paris un jeune Ivoirien, foudroyé par la polio. Il fut inscrit au cours de sociologie du travail. L’enseignement était délivré dans une salle située au sixième étage. Après quelques mois, l’ascenseur tomba en panne. La panne dura six mois. Un mouvement d’entraide se déclencha aussitôt : trois équipes de deux étudiants se relayèrent, spontanément, tous les deux étages pour que Basile Djédjé puisse suivre les cours. Les professeurs observèrent une transformation complète de l’ambiance de la promotion. L’individualisme des étudiants avait fait place à une solidarité joyeuse. Pour la première fois, la proclamation des résultats d’examens – excellents – fut suivie par une fête réunissant professeurs et élèves…

« Ce qui t’est demandé, dit un texte ancien, c’est accomplir la justice, aimer avec tendresse « .
 
SCÉRÉN – CNDP – mai 2002 – Tous droits réservés. Limitation à l’usage non commercial, privé ou scolaire 

 

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