LA MAISON D’EN FACE, un livre pour le week-end.

23052009

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Nicoletta revient sur son parcours et lève le voile sur son enfance, à l’occasion de la parution de ‘’La maison d’en face’’. jusque là avare concernant son enfance savoyarde, Nicoletta affronte ses souvenirs, ‘’entre une mère débile mentale, selon les diagnostics de l’époque, un oncle alcoolique et un père absent’’, mais évoque, la sauvant du reste, une grand-mère aimante.

‘’Il faut avoir atteint un certain âge pour revenir sur son passé sans être affecté’’, confie-t-elle.

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DEUIL 2/2 Je ne suis pas sortie de ma nuit – Annie Ernaux

22052009

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Il y a, dans toute histoire familiale, la sphère d’obligations morales et la sphère d’affectivité. Annie Ernaux, écrivain, l’illustre dans son récit sur sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle décrit admirablement la violence, la solitude, l’amour, la nécessaire rupture et le deuil impossible à faire.

[[dimanche 13  -  C’est aujourd’hui le froid. Hier, la neige. La même pensée au réveil. Les premiers jours, je n’ai fait que pleurer sans pouvoir me retenir. Maintenant, cela survient brusquement, pour un détail, la vue d’un objet. Aujourd’hui, c’est dimanche, pour la première fois que je n’irai pas à l’hôpital vers deux ou trois heures. J’avais acheté du forsythia au village. Plus de peine au-dehors que dedans. Avant, elle était quelque part dans le monde. Septembre 83  -  nous sommes ensemble dans son studio à classer et jeter des papiers avant son départ pour Cergy, chez moi. C’est donc déjà le début de la fin. Ne pas pouvoir relire les pages d’avant. Ne pas pouvoir non plus  »écrire pour de vrai sur elle ». J’ai essayé de me rappeler tout de la dernière visite que je lui ai faite, comme si je savais quelque chose.

lundi 14  -  Ce matin, il me semblait qu’elle était encore vivante. A la boulangerie, devant les gâteaux,  »je n’ai plus besoin d’en acheter », comme  »je n’ai plus besoin d’aller à l’hôpital ». Penser à la chanson qui me faisait pleurer enfant. Je pleure à nouveau, à cela, cette chanson.

mercredi 16  -  Dès que je suis à mon bureau, seule, je suis de nouveau accablée. Je ne peux que parler d’elle, écrire quoi que ce soit d’autre est impossible. La première fois que j’ai écrit  »maman est morte ». L’horreur. Je ne pourrai jamais écrire ces mots dans une fiction ».]]

Les grands deuils se font dans l’écriture mais également  »dans la quiétude de la méditation et la profondeur des silences ».

Communiquer c’est accepter les changements de la vie et accepter le regard différent que l’autre va porter sur nous.

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Lecture, de nos aînés et de nos jeunes

8052009

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« En Afrique, quand un vieillard meurt,

c’est une bibliothèque qui brûle ».

Amadou HAMPATE BA (intervention à l’UNESCO)   

Parce que lire c’est bien, mais lire à deux c’est encore mieux !

La lecture à deux voix : quand grands-parents et petits-enfants lisent de concert…

Lire ensemble* : se mettre d’accord sur la façon de procéder :
- soit partager les paragraphes à lire l’un après l’autre,
- soit choisir d’alterner les dialogues,
- soit choisir pour l’un la narration et pour l’autre les dialogues,
- soit s’adapter au texte et aux capacités du jeune lecteur en choisissant seulement quelques chapitres à lire ensemble.
 
* en famille, un moment privilégié pour cette lecture conjointe : l’heure du coucher.

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LECTURE IMAGINATIVE, Mémoire dans le pays de Brest (29)

8052009

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Mémoires autour de la vie à la campagne autrefois.

[Les objectifs de ces rencontres sont multiples : Sensibiliser les personnes âgées à la lecture imaginative mais aussi faire revenir des souvenirs, partager des émotions et susciter des discussions, développer le sens de l’écoute et faire travailler la mémoire. La séance dure une heure. Elle commence par des lecture courtes, sur des thèmes intéressant leur génération, afin de permettre à tous d’engager facilement la conversation avec le groupe. Chacun est libre de réagir quand il le souhaite pour donner un avis ou témoigner de son expérience. On se rappelle ainsi son enfance, son adolescence, des périodes de sa vie, en parlant de l’école, des premières vacances, des jeux anciens, des contes bretons… On se sent en confiance et on se raconte en souriant ses souvenirs. Se retrouver en groupe et pouvoir échanger dans un lieu culturel, comme la bibliothèque, semble faire beaucoup de bien aux personnes âgées. Certaines sont très fidèles à ce rendez-vous qui leur ouvre une fenêtre sur l’extérieur. Les participants feuillettent les livres avec intérêt. Lors de la dernière séance, le thème évoqué était  » la vie à la campagne autrefois « . Ce sujet a beaucoup intéressé le groupe car certains ont vécu toute leur jeunesse à la ferme. Après la lecture de textes (journée du paysan et de la paysanne, aide des enfants à la ferme, repas…), les personnes âgées ont tout de suite commencé à évoquer des moments marquants de leur enfance. Elles nous ont confié qu’autrefois la vie à la ferme était difficile car les journées étaient longues et harassantes. Les enfants, dès leur plus jeune âge, aidaient leurs parents à la maison et aux champs (traire les vaches, nourrir les poules, aider pendant la moisson, s’occuper de leurs cadets…). Les petites mains, comme celles des adultes, ne restaient jamais inactives. Pour s’amuser, il fallait attendre le dimanche. Le groupe s’est également rappelé des lavoirs, des veillées en famille, des lits clos, de l’entraide à la ferme…tout en feuilletant avec intérêt les livres avec des photos témoins de leur époque. L’ambiance était très détendue entrecoupée de rires. Les résidants de Ker Gwenn prennent visiblement beaucoup de plaisir lors de cet atelier qui parvient à leur  » faire retrouver leur jeunesse « , ce sont eux qui nous le disent. Leurs petits soucis s’envolent pour un temps comme par magie !]

Sources WIKI BREST catégorie lecture

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LECTURE, un livre pour le week-end…

7052009

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Résidence Club, ou Lune Captive dans un oeil mort…

On sait, depuis Jean-Paul Sartre, que le huis clos est propice à l’exacerbation des petits traits de caractère anodins qui vous rendent insupportable au compagnon que le hasard d’une situation a placé auprès de vous. Contrairement à la pièce de Sartre, ce n’est à priori pas en enfer que les personnages peints par Pascal Garnier dans Lune captive dans un œil mort ont rendez-vous. C’est même plutôt le paradis qu’on leur a promis pour les convaincre d’acheter une maisonnette dans une Résidence pour seniors dans le sud de la France. Piscine, club-house, grillage en périphérie et portail récalcitrant inclus, outre la compagnie d’un gardien cerbère et d’une animatrice. Un enclos de bien-être, de tranquillité pour couler une vieillesse sereine, loin des villes du nord peuplées de jeunes générations agressives. Seulement voilà, ce n’est pas toujours de l’extérieur que vient le pire …

Dans cette résidence protégée du monde, les carapaces bien proprettes des habitants se fissurent. C’est qu’ils sont là en vase clos. Le naturel revient au galop, c’est sa nature, et chasse bientôt le policé des rapports usuels. Après plusieurs verres d’apéritif, tous commencent à mieux se connaître et, à mesure que les journées se succèdent, ils laissent échapper ce qui les obsède. Failles, faiblesses et idées fixes éclatent au grand jour. L’isolement agissant comme un accélérateur de particules, l’inquiétude devient contagieuse, comme la paranoïa. Puis vient le dérapage…Pascal Garnier rend parfaitement compte de l’itinéraire en chute libre de ces existences. Il était même normal que ceux-là tombent. Ils arrivent dans un endroit neuf, hors du monde, amenant dans leurs bagages le vide qui les grignote : rêves perdus, enfants disparus, petits arrangements mesquins, souvenirs refoulés… Et ce vide risque fort de les anéantir, en les aspirant dans son imparable trou noir.

Œuvre de fiction me direz-vous, pour une lecture de loisir sous la plume alerte d’un écrivain spécialiste de l’humour noir (Au point d’avoir reçu le prix éponyme en 2006). Quoique.

Pascal Garnier – Lune captive dans un œil mort – Zulma, Janvier 2009

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UN LIVRE POUR LE WEEK-END

17042009

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[[Où on va papa ? 

Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j’ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l’ai jamais fait. Ce n’était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu’à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures…

Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J’avais honte ? Peur qu’on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible : « Qu’est-ce qu’ils font ? »
Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre. Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d’une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d’eux avec le sourire. Ils m’ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.
Jean-Louis Fournier]]

Stock, 2008 ISBN : 9782234061170

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