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ELOGE DE LA FATIGUE

26052009

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Eloge de la fatigue 

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine,
Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué. 

Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m’en flatte.
J’ai tout de fatigué, la voix, le coeur, la rate,
Je m’endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas.
Ou quand je m’en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n’est qu’une vantardise.
On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit !
Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ? 

Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,
Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude,
N’a plus pour se mouvoir que de pâles raisons…
Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon…
Lorsqu’on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre…
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l’oeil morne, le dos rond.
Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond… 

Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable,
Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain,
Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s’en user le coeur…
Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur. 

Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu’on est le port et la route et le quai,
Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu. 

La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste,
C’est le prix d’une journée d’efforts et de luttes.
C’est le prix d’un labeur, d’un mur ou d’un exploit,
Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit.
C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie,
C’est la preuve, Monsieur, qu’on marche avec la vie. 

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors est une récompense. 

Et vous me conseillez d’aller me reposer !
Mais si j’acceptais là, ce que vous me proposez,
Si j’abandonnais à votre douce intrigue…
Mais je mourrais, Monsieur, tristement… de fatigue. 

 Robert Lamoureux 

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HISTOIRE DE L’ACCUEIL FAMILIAL, de l’origine à nos jours.

25052009

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L’accueil familial se pratiquait déjà bien avant la naissance des services sociaux. Ainsi, les personnes fragiles échappaient assez souvent à l’enfermement en asile. Accueilli par des familles, il était employé aux tâches domestiques et villageoises. En France, on retrouve trace de cette tradition d’accueil dans les familles, notamment dans les exploitations agricoles. Il s’agissait essentiellement d’une tradition d’aide et de protection.

Juridiquement, il faut attendre le début du XX ème siècle pour voir apparaître la notion de ‘’placement familial », notamment pour les vieillards infirmes et incurables. Plus tard, dans les années 50, le code des familles rappelle la possibilité du placement familial. En 1962, un texte plus précis légifère et fixe la rémunération des familles d’accueil. Durant des années ce dispositif va perdurer en dehors de tout cadre juridique précis. Il faudra attendre la fin des années 80, pour qu’un texte qui réglemente le dispositif de l’accueil familial. La loi du 10 juillet 1989 réglemente enfin, contrôle et surveille cette pratique, engageant ainsi une professionnalisation du métier d’accueillant familial avec notamment l’appui d’équipes médico-sociales départementales qui accompagnent les familles d’accueil. Aujourd’hui, de nouveaux textes sont apparus réformant la procédure d’agrément et introduisant à la fois de nouvelles modalités de rémunération et d’indemnisation des accueillants familiaux (Loi de janvier 2002, nouveaux décrets parus au 1er janvier 2005).

L’accueil familial constitue aujourd’hui une solution alternative dès lors que le maintien à domicile ne peut plus être assuré et avant d’envisager l’entrée en établissement d’hébergement collectif (maisons de retraites, foyers etc). Il est donc de communiquer sur ce métier qui est à la fois peu connu et souvent pratiqué par des intervenants âgés dont la relève n’est pas toujours assurée.

Le métier d’accueillant est un véritable métier et en aucun cas une occupation bénévole et caritative. C’est une activité qui nécessite des motivations fortes. C’est un métier qui s’apprend et qui suppose des actes professionnels qui dépassent la bonne volonté. Le cœur du métier consiste à rassurer, motiver, responsabiliser, accompagner, faire participer… Mais plus prosaïquement, être accueillant familial au quotidien, c’est aussi nourrir, loger, laver, soigner, raser, coiffer, habiller, nettoyer la chambre, ranger les armoires, entretenir le linge, surveiller la prise de médicaments, recevoir les parents et la famille de la personne accueillie. Tout ce travail qui relève avant tout de la qualité de la relation humaine, implique un engagement humain et altruiste. Ce sont tous ces aspects qui sont pris en compte lors des procédures d’agrément.

Dans l’exercice de cette profession qui a la particularité de s’exercer à domicile et sans discontinuité, il est vrai que l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle n’est pas toujours simple à maintenir. La pratique de ce métier entraîne la juxtaposition, parfois la combinaison complexe, d’espaces et de temps privés et professionnels. C’est pourquoi, l’adhésion de l’entourage familial, et plus particulièrement celle du conjoint, est primordiale dans la réussite du projet professionnel d’accueillant familial. Il y a donc la nécessité absolue pour les accueillants d’organiser pour eux des temps de repos. Il est en effet primordial d’avoir des personnes remplaçantes qui peuvent temporairement assurer l’accueil durant ces espaces de repos. Les services départementaux demandent – dans le cadre de la procédure d’agrément – que soit mentionné le nom de la personne qui assure le remplacement.

Accueillir une personne âgée ou un adulte handicapé, ce n’est pas se substituer à la famille de la personne. L’accueillant n’est pas un parent de remplacement, c’est un professionnel de l’accueil. Tout en donnant du sens et de la qualité à la relation qui se noue avec la personne accueillie, l’accueillant doit garder ses limites. Cette nuance dans l’exercice de l’activité préserve l’accueillant de tout débordement d’affection et normalise également les relations avec la famille de la personne accueillie.

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Protégé : COTE D’EMERAUDE…

24052009

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LA MAISON D’EN FACE, un livre pour le week-end.

23052009

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Nicoletta revient sur son parcours et lève le voile sur son enfance, à l’occasion de la parution de ‘’La maison d’en face’’. jusque là avare concernant son enfance savoyarde, Nicoletta affronte ses souvenirs, ‘’entre une mère débile mentale, selon les diagnostics de l’époque, un oncle alcoolique et un père absent’’, mais évoque, la sauvant du reste, une grand-mère aimante.

‘’Il faut avoir atteint un certain âge pour revenir sur son passé sans être affecté’’, confie-t-elle.

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DEUIL : « Ce n’est pas normal ! » 1/2

21052009

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« Ce n’est pas normal ! » 

C’est en ces termes qu’une vieille dame, résidente d’une maison de retraite, est sortie de l’effondrement que provoquait la nouvelle qu’on venait de lui apprendre : son fils, à peine âgé de soixante ans, venait de succomber des suites d’un cancer. Ce cri du cœur n’est pas autre chose, dans la bouche de cette dame, que la répétition de l’expression populaire selon laquelle « on n’est pas fait pour enterrer ses enfants ».  

Oui, la mort est dans toutes les ombres dans une maison de retraite. Mais elle ne s’y manifeste pas forcément dans le sens où on l’attendrait.

La même maison de retraite, quelques jours plus tard. On y organise l’accueil d’une dame de 98 ans, que son petit-fils ne parvient plus à prendre en charge de manière satisfaisante, ni pour elle ni pour lui. Situation banale, qui se colore toutefois ce jour-là d’une configuration particulière : la nouvelle résidente est accueillie dans cet établissement en particulier parce qu’elle vient y rejoindre … sa fille. Celle-ci, âgée de « seulement » 75 ans, séjourne ici depuis plusieurs mois.

Etrange contraction du temps et renversement de l’ordre normal des choses que cette situation. Il n’est plus rare de voir coexister au sein d’une résidence de retraite plusieurs générations ; les pathologies qui motivent l’entrée dans l’établissement se manifestent parfois de manière précoce, et l’augmentation de l’espérance de vie a reculé l’âge de ceux qui n’y viennent que très tardivement. Ce qui est ici exceptionnel, c’est que la fille était la première arrivée, c’est qu’une personne ait dû successivement, mais dans un ordre inattendu, organiser l’accueil en établissement de sa mère puis de sa grand-mère ; c’est qu’une mère rejoigne sa fille dans une maison de retraite.

Pas banal, certes, mais anormal ?

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COQUETTERIE, MISE EN BEAUTE : atours et effets des personnes âgées 2/3

21052009

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Le choix de vêtements adaptés.

L’habillage conditionne souvent la journée des personnes accueillies car il peut être un repère pour un événement une fête, une sortie, le jour, la nuit. Dans la mesure du possible il faut faire participer la personne au choix de ses vêtements, en l’aidant si nécessaire. Là encore l’aide doit être personnalisée, adaptée aux habitudes vestimentaires. Il faut veiller à tous les détails : une culotte peut tout à fait être portée sur un change complet pour une personne incontinente et n’est pas incompatible avec ce type de protection. Au contraire cela permet d’éviter un frottement bruyant du polyéthylène avec la combinaison ou la robe chez la vieille dame coquette qui déambule dans la maison ou se promène dans la rue. Etre attentif à ce qu’il ne manque pas de boutons laissant les robes s’ouvrir de façon indécente, vérifier les fermetures éclair des braguettes de pantalon etc. Des évidences parfois négligées ! Une personne élégamment vêtue et soignée est plus facilement encline à communiquer avec son entourage familier et avec les autres. Il faudra veiller pour tous à ce qu’ils disposent d’une garde robe suffisante et adaptée pour toutes les circonstances et aussi les saisons.

Les difficultés d’achat. Les dames âgées de plus de 70 ans achètent volontiers leurs vêtements sur les marchés et par correspondance. Dans les magasins traditionnels, peu de vêtements leur conviennent : problèmes de tailles, de modèles. « Après 60 ans, on n’existe pas « .Elles cherchent des vêtements jolis, pratiques, faciles d’entretien. Le choix des chaussures est particulièrement problématique : choix, esthétique, largeur, stabilité, problème des lanières, des talons…

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COQUETTERIE, MISE EN BEAUTE : FACIL EN FIL, des vêtements pratiques pour personnes âgées ! 3/3

20052009

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’’FACIL EN FIL’’ Avec l’avancée en âge il n’est pas toujours aisé de s’habiller. Outre les problèmes de taille que l’on peut rencontrer, s’ajoute aussi les difficultés à enfiler ou retirer ses vêtements, que l’on soit seul ou aidé par un tiers. Après de nombreux tests avec des médecins, des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes et les personnes concernées elles-mêmes, nous nous sommes rendu compte des mouvements que ces dernières pouvaient difficilement réaliser. Il s’agit par exemple de lever le bras au-dessus de la ligne d’épaule, d’aller chercher une manche dans le dos ou encore d’enfiler une jupe ou un pantalon. Les solutions retenues utilisent plusieurs techniques permettant d’ouvrir le vêtement et de l’enfiler sans faire de mouvements difficiles et douloureux. Les vêtements s’ouvrent à des endroits stratégiques et utilisent des fermetures à glissière, des bandes auto-agrippantes ; le tout étant réalisé le plus discrètement possible pour conserver l’aspect classique du vêtement. Les produits ont la particularité d’allier l’aspect esthétique d’un vêtement classique et une fonctionnalité innovante.
D’autre part, ces vêtements permettent aux personnes ayant encore la possibilité de faire certains mouvements de retrouver une autonomie dans la phase d’habillage mais aussi de permettre aux aidants d’habiller ces personnes plus facilement, plus rapidement et en limitant les manipulations et les douleurs.
Les Kinésithérapeutes et Ergothérapeutes expliquent qu’une personne (passé un certain âge), en particulier lorsqu’elle a une prothèse de la hanche, doit rester en position assise sans lever les jambes ou se baisser (angle de 90° entre le buste et les cuisses). »Facil en fil » commercialise des vêtements adaptés qui offrent l’occasion d’apporter un plus à des personnes en ayant besoin, de leur rendre plus facile et plus agréable cette phase d’habillage et de leur permettre de retrouver toute leur dignité en utilisant des vêtements. ergonomiques, adaptés et esthétiques.
♥ Une veste est munie de très larges emmanchures qui permettent de ne pas avoir à aller chercher la manche dans le dos. Elle est extrêmement pratique et facile d’utilisation pour une personne en fauteuil roulant : on enfile la première manche, on passe le reste derrière le dos de la personne en l’inclinant légèrement vers l’avant et l’entrée de la manche se présente devant le deuxième bras. La doublure dans le dos et à l’entrée des manches facilite cet enfilage.Un pantalon conçu spécialement permet donc un enfilage de manière autonome en position assise sans se pencher en avant ni lever les jambes et facilite l’enfilage en position allongée ou assise par une tierce personne. Comment enfiler une jupe lorsqu’on a une prothèse de la hanche, qu’on ne peut plus se baisser pour faire passer les jambes ou encore lorsqu’on est en fauteuil roulant ? ♦ Une jupe permet également de limiter les manipulations douloureuses, également lors du transfert du lit au fauteuil.
S’habiller pour la nuit est tout aussi difficile que pour le jour.Une chemise de nuit spécialement conçue s’enfile extrêmement facilement, sans avoir à lever les bras ou à aller chercher une manche dans le dos. La technique des zips latéraux permet de l’ouvrir très largement et de faciliter l’enfilage.Une grenouillère innovante alliant un aspect beaucoup plus esthétique, une fonctionnalité beaucoup plus efficace. Elle est extrêmement simple à enfiler, empêche la personne de se déshabiller et facilite très largement le change durant la nuit par exemple.Tout savoir sur : http://www.facilenfil.fr

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19052009

 

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AMOURITUDE, RESPECTITUDE

19052009

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Ainsi donc il aura fallu un institut de formation à l’Humanitude pour proposer aux personnels des établissements cette ’’révolution copernicienne’’ du prendre soin et de la bientraitance ! Enfin la maltraitance va se trouver éradiquée et nos têtes chenues vont bénéficier des attitudes respectueuses que requiert la déférence due à nos aînés.

Nonobstant, je m’interroge: pourquoi ce savoir être est-il particulièrement destiné aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer? Car les autres résidents ne profitent de ce nouveau savoir que par ricochet! Oui mesdames, messieurs maintenant les soignants vont s’adresser aux personnes dont ils ont la charge comme à des personnes en vie. Jusqu’à il y a peu, nous les classions inconsciemment dans les morts vivants; un peu comme les grands malades, jeunes ou vieux, en fin de vie… Dans l’accueil familial nous pratiquons (comme monsieur Jourdain) la Respectitude et l’Amouritude ; car oui les personnes accueillies font ipso facto partie de notre famille élargie. Aussi, comme les sages anciens nous offrons sans y penser de notre cœur à ces personnes extérieures à notre cercle familial naturel. Alors l’Amouritude trouve sa place chez les accueillants sans qu’il fut besoin d’institut du savoir aimer! mamcoz 22

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HUMANITUDE 2/3

19052009

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Pour prendre soin, ils ont  » appris que soigner, c’est aussi dévisager, parler – reconnaître par le regard et la parole la souveraineté intacte de ceux qui ont tout perdu « . Ils ont appris que toucher peut faire vivre mais aussi, presque innocemment, tuer. Pour prendre soin, on touche, et cette intimité forcée suppose extrême compétence et extrême délicatesse pour pouvoir être acceptée sans dommage.
Ils nous font vivre l’humanitude comme relation essentielle de personne à personne et que ces personnes, quel que soit leur état respectif et si apparemment différent, sont fondamentalement  » de niveau  » dans leur intacte souveraineté.
Toutefois, pour soigner et prendre soin, il y a plus : il y a, avec une absolue rigueur, une exigence absolue, la connaissance, la compétence, la technicité. Elles sont absolument requises dans toutes les fonctions, tous les métiers, toutes les spécialités et il n’y a pas de solution de continuité entre l’agent des services sans qualification et le neurochirurgien ou l’ingénieur des ponts et chaussées. Pour cela, agent des services, soignant ou autre professionnel, il faut apprendre, encore apprendre et toujours apprendre et comprendre ce qu’on apprend. Il faut exprimer, développer, faire connaître, revendiquer et appliquer les  » règles de l’art « . À noter qu’on apprend difficilement tout seul et qu’il faut des gens (formés), des lieux, des temps, de l’estime réciproque pour apprendre…Il faut aussi apprendre et comprendre que cette technique implique le  » soin à l’homme  » vieux ou pas : la relation. Certains l’appellent une neutralité bienveillante, terme qui m’effraie un peu par son relent de condescendance :  » la souveraineté du malade est intacte « . Pour respecter cette souveraineté, le soignant traite l’homme (vieux ou pas) en homme : il a le regard, le toucher, le geste respectueux – cela s’apprend –, il ne se permet pas, dans sa fonction, de laisser transparaître son antipathie, son dégoût, son horreur même qui peuvent exister. Il ira les exprimer ailleurs, il faut que ces lieux et ces temps d’expression soient mis à sa disposition. Les affects, les sentiments supposés positifs qui peuvent être aussi dangereux pour celui qui prend soin comme pour celui dont on s’occupe, doivent eux aussi être  » traités  » dans les lieux et temps particuliers. Certains appellent cela la mesure de la  » juste distance  » – peut-être trop connotée d’ » éloignement « . Il me semble que c’est autre chose qu’une mise à distance : c’est une acceptation, une revendication même de sa condition d’homme qui entre pleinement dans cette relation du prendre-soin de l’homme (vieux) souffrant. Il s’agit encore des  » règles de l’art  » et, plus encore, de celles de  » l’art de vivre « .

Geneviève Laroque,
présidente de la Fondation nationale de gérontologie.

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